Gene Tempest

French magazine articles

 

Le rat


HISTORIA  mars-avril 2019

Avant que Ratatouille ne fasse la joie des enfants, le rongeur a incarné la saleté et la maladie. Hier traqué, il fait depuis des décennies les frais des expériences scientifiques. Dur, dur d'être un rattus...
“Je ne pense pas que la dératisation soit seulement un métier, je maintiens que c'est un art qui demande beaucoup de savoir et de courage.” L’Anglais Ike Matthews, qui révélait dans ses Mémoires, publiées en 1898, avoir passé vingt-cinq ans à chasser les rongeurs de Manchester, décrit ainsi son métier. Il lui arrive souvent d'en attraper plus de 100 par nuit ; son record ? 183 en un soir !

Avec l’urbanisation, le XIXe siècle est le grand siècle du rat. Le rat-catcher le plus connu de Londres est un dénommé Jack Black, qui se proclame “dératiseur de la reine.” Ses mains et son visage sont recouverts de cicatrices : “J'ai été mordu pratiquement partout, explique-t-il à un journaliste en 1851, même là où je n'ose vous dire.” Il confie qu’il a même dégusté de la viande de rat, qu’il estime “juteuse comme [celle] du lapin.” Le Larousse gastronomique confirme : “La chair des rats [...] serait [...] de bonne qualité, mais, parfois, avec un goût musqué.” ... A SUIVRE ICI

La mouche


HISTORIA  mars-avril 2019

La Bible voit dans le “Seigneur des mouches” (Baal Zébûb), le pire des démons, Belzébuth. Pour les bourgeois du XIXe siècle, le diptère devient l'incarnation de la maladie... et du désordre social.
À la fin du XIXe siècle, la femme se découvre un nouvel ennemi : la mouche. À Londres comme à Paris, le monde intime bourgeois est fastidieusement façonné en opposition avec l'espace urbain. Depuis la montée de la science et de la politique sanitaire, la ville est de plus en plus associée à la saleté. On comprend alors l’omniprésence de la mouche dans les nouveaux manuels domestiques destinés aux classes moyennes. Ces ouvrages sont de véritables bréviaires de mise à mort : vinaigre, papier mouche, arsenic...

Jusqu’alors, la mouche n'était qu'un insecte incommode, sur lequel on pouvait compter pour différencier les saisons. On remarquait son arrivée chaque été, puis sa disparition en hiver. La petite peste était généralement tolérable - du moins dans les climats tempérés. “Un irritant pour les vieillards et un objet d'intérêt pour les bébés,” résume un entomologiste anglais. Le bourdonnement de la mouche, comme l'a noté Proust, avait autrefois même une certaine beauté ... A SUIVRE ICI

L’araignée


HISTORIA  mars-avril 2019

Elle possède huit pattes, plusieurs yeux, des crochets venimeux. Et inspire une peur panique aux humains, victimes d'arachnophobie. Pourtant, cette tisseuse nous débarrasse de bien fâcheux insectes. Quand elle ne se retrouve pas... dans notre assiette !
Le 5 décembre 1709, à l'hôtel de ville de Montpellier, le jeune magistrat François Xavier Bon de Saint-Hilaire, âgé de 31 ans, s’apprête à dévoiler ce qu’il estime la découverte du siècle. “On sera surpris d'apprendre, annonce-t-il à la salle bondée, que les araignées font une soie aussi belle, aussi forte et aussi lustrée que la soie ordinaire.” Il donne ensuite les détails de ses expériences avec des araignées locales, dites “à courtes pattes.” Et termine son discours par la présentation du fruit de ses recherches : une paire de mitaines et des bas d'une soie d'araignée, fine et grise. “Voilà certainement une grande utilité qu'on peut tirer d'un insecte que le public a toujours regardé comme très incommode et très dangereux,” conclut-il.

La longue histoire de l'araignée est celle d'un animal presque universellement détesté. En Côte d'Ivoire, son nom même, Akôlou, signifie “qui a le coeur noir,” “qui est méchant”... L’animal est bossu, difforme ... A SUIVRE ICI

Au temps des centaurs


L’HISTOIRE  janvier 2016
Compte rendu du nouveau livre de Daniel Roche, “La culture équestre de l’Occident”

Le ‘Shogunat’ MacArthur


L’HISTOIRE  juin 2015
Entretien avec l’historien américain John Dower

Les communistes en embuscade


L’HISTOIRE & PARIS MATCH  avril 2015
Entretien avec l’historienne Anne Applebaum

Pourquoi les soviétiques faisaient si peur


L’HISTOIRE & PARIS MATCH  avril 2015
Entretien avec l’historien Timothy Snyder

L’âne qui sauva des vies


L’HISTOIRE  janvier 2015

Lynn Hunt, la passion de la Révolution


L’HISTOIRE  juin 2014

Portrait de l’historienne américaine Lynn Hunt
En 1985, alors que s’ébauchent les grands débats liés au bicentenaire de la Révolution française, l'historienne américaine Lynn Hunt est invitée à l’École des hautes études, à Paris, par François Furet. A 39 ans, elle travaille déjà depuis une quinzaine d'années sur le passé révolutionnaire français et enseigne à Berkeley, l’éminente université publique qui donne sur la baie au bord du Pacifique, avec une vue imprenable sur San Francisco.

Ses premiers travaux, remarqués, portaient sur les aspects sociaux, mais aussi culturels et psycho-historiques de la Révolution française. Sa “nouvelle histoire culturelle” utilise les méthodes des chercheurs en littérature, en anthropologie et même en sciences cognitives pour comprendre les discours et les images de la période révolutionnaire. Dans Le Roman familial de la Révolution française, par exemple, Lynn Hunt se livre à une analyse des fantasmes des révolutionnaires en montrant l'importance de la fraternité et de la désacralisation de la figure paternelle dans leur inconscient politique.

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Pourquoi tant de bombes?


L’HISTOIRE & PARIS MATCH  mai 2014
Entretien avec l’historien britannique Richard Overy

Lou Roberts et la ‘Greatest Generation’


L’HISTOIRE  avril 2014

Portrait de l’historienne américaine Mary Louise Roberts
Mary Louise, dite Lou, Roberts est une fille de la Seconde Guerre mondiale. En 1944, son père, issu d'un milieu ouvrier de la côte nord-est, est officier dans la marine quand il rencontre sa future épouse, une New-Yorkaise de famille aisée. “C’était le type de mariage qui ne pouvait se produire que pendant la Seconde Guerre mondiale,” explique l’historienne du genre et des femmes à l’université de Wisconsin, Madison, dont le dernier livre, Des GI et des femmes. Amours, viols et prostitution à la Libération (Seuil), dédié à ses parents, est justement consacré à ce conflit.

Cet ouvrage, qui révèle une face sombre de l'épopée des soldats du débarquement à la Libération, a fait scandale au moment de sa parution aux États-Unis, en juin 2013, alors même que la presse révélait des affaires de viols dans l'armée américaine. Dans la culture populaire, la mémoire des GI reste au fondement du mythe de la “bonne guerre” : un mythe d'autant plus important qu'il oppose une vision idéalisée de la Seconde Guerre mondiale à l'image beaucoup plus sombre des conflits récents en Afghanistan et en Irak, sans parler des braises de la guerre du Vietnam. ... A SUIVRE ICI

La terre blessée


L’HISTOIRE  octobre 2013

Le paysage et les animaux ont eux aussi été partie prenante de la guerre. Avec des séquelles durables au long des 700 kilomètres du front occidental.

Une histoire environnementale de la Grande Guerre est enfin en chantier. Les vestiges de la violence du front invitent les historiens à lire le paysage plus particulièrement sur l’ancien front occidental.
Si c’est par la terre que commence l’histoire de la guerre, pour les combattants le premier contact avec la tranchées se fait souvent par la boue. Bombardements intenses et intempéries constantes transforment la terre - quoique protectrice pour les soldats tapis dans les tranchées - en une matière organique indéterminée, à laquelle se mélangent cadavres et excréments.

Un journal de tranchées français décrit ainsi en mars 1917 la force malveillante de la matière primordiale : “La nuit, tapie dans un trou d’obus, la boue, telle une pieuvre énorme, guette. La victime arrive. Elle lui jette sa bave infecte, l'aveugle, l'enserre et l'enterre. Il y a un ‘disparu’ de plus... Car on meurt de la boue ... A SUIVRE ICI

Le Vietnam à reculons


L’HISTOIRE & PARIS MATCH  mai 2013
Entretien avec l’historien américain Fredrik Logevall

Aux chevaux morts pour la France


L’HISTOIRE  décembre 2012

En 1914 encore, les chevaux étaient des auxiliaires indispensables aux soldats. Ils sont plus d’un million à avoir été mobilisés par l’armée française. Un rôle dont on mesure aujourd’hui l’importance.
Dans les campagnes et les villes françaises, la mobilisation d’août 1914 est marquée par la disparition dramatique et simultanée des hommes et des bêtes. La réquisition a laissé une trace profonde dans la mémoire collective. “Je n'oublierai jamais ce défilé de toutes les bêtes des deux communes voisines,” se souvient en 1915 l’institutrice de Pallon, un petit hameau dans les Hautes-Alpes. “Mon voisin l’épicier, homme énergique, m’a avoué : Malgré moi, j'ai pleuré en voyant partir tout ce mélange d’hommes et de bêtes. C’était trop impressionnant!”

Au moins 1.5 million d’équidés ont été mobilisés (réquisitionnés en France ou achetés à l’étranger) par l'armée française entre 1914 et 1918 ; 1.2 million par les Britanniques. La Grande Guerre a beau être un conflit moderne et mécanisé, on achemine plus de fourrages que de munitions vers le front en 1914-1918 ! ... A SUIVRE ICI

Spielberg à cheval


L’HISTOIRE  février 2012

Compte rendu du film “War Horse” par Steven Spielberg
Pigeons voyageurs, chiens, chameaux et surtout équidés ont participé massivement à la Grande Guerre. L’armée française a mobilisé à elle seule plus de 1.5 million de chevaux et mulets. Le réalisateur américain Steven Spielberg le rappelle avec son film War Horse. Il présente une guerre largement inconnue, celle des animaux. Son film s’inspire du livre pour la jeunesse de l’auteur anglais Michael Morpurgo 1982, également adapté pour la scène en 2007, avec de magnifiques marionnettes de chevaux, grandeur nature. Il raconte les parcours croisés du cheval Joey et de son jeune maître anglais Albert Narracott interprété par Jeremy Irvine qui nous conduisent de la ferme au front. ... A SUIVRE ICI